Face à des cibles aériennes toujours plus véloces, furtives, aux trajectoires variées et évoluant dans une ambiance de fortes contre-mesures électroniques, les systèmes sol/surface-air à moyenne portée actuellement en service commencent à montrer leur limite.
Lancé en juin 1999, le programme PAAMS (Principal Anti-Air Missile Systeme), a pour objectif de concevoir et de produire le système d’armes principal des frégates anti-aériennes de nouvelle génération. Le système PAAMS constituera l’armement principal des frégates antiaériennes Horizon (réalisées en coopération franco-italienne) et les destroyers britanniques de type 45, en assurant des missions simultanées d’autoprotection du bâtiment porteur, de défense locale d’un groupe de bâtiments et de défense de zone à moyenne portée (30 à 100 km).
C'est la raison pour laquelle Aerospatiale a développé, au sein du consortium EUROSAM (avec Thomson-CSF, aujourd'hui Thales, et Alenia), une nouvelle famille de missiles antimissiles et antiaériens, baptisée Aster. Une famille qui présente la particularité nouvelle et originale, pour l'instant unique au monde, d'être :

interarmées, pour répondre aux besoins des trois armées Terre, Air et Mer;
multinationale, avec un développement en coopération franco-italienne, qui s’est élargi à la Grande-Bretagne;
modulaire et extensible, deux conditions techniques requises pour couvrir tous les besoins interarmées de défense aérienne.

La famille Aster répond à au moins trois besoins :

L'autodéfense navale, avec le missile Aster 15 Naval du programme Surface-Air Anti-Missile (SAAM) entré en service en 2001 à bord du porte-avions Charles de Gaulle (4 batteries de 8 missiles chacune). L'enjeu de l'Aster 15-SAAM est d'élargir la traditionnelle mission de défense navale de point, sorte d'ultime défense à courte ou très courte-portée contre les missiles antinavires, à une mission d'autodéfense étendue à la fois en portée, jusqu'à 30 km et en zone protégée, pour assurer la défense d'un bâtiment voisin.

La défense terrestre de zone, avec le missile Aster 30 Terrestre du programme Sol-Air Moyenne-Portée/Terrestre (SAMP/T), l'objet est d'élargir la défense terrestre de zone à la capacité de lutter contre tous les missiles modernes.

La défense navale locale et de zone, avec le missile Aster 30 Naval du programme Principal Anti-Air Missile System (PAAMS) pour équiper les frégates de défense aérienne tripartites Horizon (France, Grande-Bretagne et Italie). Le missile Aster 30-PAAMS fait la synthèse des deux précédents, pour obtenir un système naval, unique au monde, apte à conduire trois missions : auto-défense, défense locale d'un bâtiment voisin, défense navale de zone. De plus, l'Aster a été étudié dès l'origine pour qu'une version particulière puisse remplir la mission de défense aérienne élargie contre les missiles balistiques tactiques.

L’Aster est le principal moyen de lutte anti-missile des frégates Horizon constitué de 48 missiles. Chaque frégate embarque 32 Aster 30, développé par MBDA, d’une portée pouvant dépasser 100 kilomètres, auxquelles s'ajoutent 16 Aster 15 d’une portée de 30 Km, lancés verticalement par le système Sylver de DCNS, d’un radar multifonction (veille 3D et conduite de tir) EMPAR de Finmeccanica et d’un radar 3D longue portée S1850M (200 miles nautiques de portées) de Thales Netherland. Ce système est complété par un système de guerre électronique très développé. En tout, quatre bâtiments du type Horizon ont été construits, deux par DCNS pour le compte de la Marine nationale (Forbin et Chevalier Paul) et deux autres par Fincantieri pour la marine italienne (Andrea Doria et Caio Duilio).
Depuis les échecs de 2009, deux tirs ont été réalisés avec succès à partir des frégates Andrea Doria et Forbin les 25 mai et le 1er juin. La Direction Générale de l'Armement (DGA) a également effectué le 17 juin, avec la même réussite, un tir en salve de deux missiles Aster 30 (destiné à valider le système qui sera embarqué sur les destroyers britanniques du type 45) lancés depuis la barge britannique Long Bow, positionnée au large de l'île du Levant (centre DGA Essais de Missiles).
Les deux échecs enregistrés lors de précédents tirs, en 2009, avaient donné lieu à d'importantes expertises. Les investigations ont permis de conclure que le système d'armes n'était pas en cause, mais qu'il y avait un problème mineur sur la munition. La cause était liée aux deux capots situés de chaque côté du missile, ayant pour fonction de protéger le câblage reliant l'auto-directeur du missile (sur le haut de l'engin) aux gouvernes situées à sa base (les câblages ne passent pas dans le corps du missile). Il est apparu qu'à grande vitesse, l'air entrait dans le capotage et faisait monter la température, voir l’arrachait.
Les capots, sous-dimensionnés, ont été redéfinis avec des caractéristiques de robustesse et de rigidité plus importantes. Ainsi, même à grande vitesse, l'étanchéité est assurée. La réussite de ces quatre tirs permet de valider les solutions apportées par MBDA.
Ainsi, le Forbin, tête de série du programme, va bientôt pouvoir être admis au service actif, suivi dans la foulée par son cadet la frégate Chevalier Paul.