L’hélicoptère EC-225 SECMAR
Par Michel Therme le 7 juillet 2010, 16:46 - Aéronautique navale - Lien permanent
La Marine nationale s’est dotée de deux hélicoptères EC-225 SECMAR en attendant l'entrée en service opérationnel fin 2011 du NH90.

Livré en avril 2010, l’hélicoptère de sécurité maritime (SECMAR) EC-225 de la famille des Super Puma commandés en décembre 2009 à la société Eurocopter (groupe EADS), est affecté sur la base aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic (Finistère) au sein de la flottille 32F. Au nombre de deux appareils, ils remplacent les derniers hélicoptères Super Frelon retirés du service actif le 30 avril 2010.
Hélicoptère bimoteur de la classe des 11 tonnes, l’EC-225 peut embarquer jusqu’à 24 passagers. Sa vitesse maximale est de 325 km/h. Son système de pilotage automatique quatre axes lui permet de tenir un vol stationnaire au-dessus de la zone d’intervention dans des conditions météorologiques très dégradées. Initialement destiné à une compagnie offshore, d'où un aménagement intérieur moins rustique que les standards militaires habituels, l’EC-225 SECMAR a reçu certains équipements spécifiques, comme des transmissions marines, ainsi qu'un treuil permettant de hisser simultanément à bord deux personnes ou une civière. Son équipage comprend deux pilotes, un treuilliste, un plongeur ainsi qu’un médecin en cas de besoin. Equipé de réservoirs supplémentaires, l’EC-225 SECMAR est en mesure d’effectuer un sauvetage à 250 nautiques (465 km) de la côte au profit de quinze personnes. En dehors de ces missions, les EC-225 participeront à l'entrainement des commandos marine et offriront un soutien aérien à la Force océanique stratégique (FOST), en réalisant notamment des hélitreuillages au profit des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE).
A l'origine, il n'était pas prévu d'EC-225 pour la Marine mais cette dépense a été rendue nécessaire par le retard pris par le programme NH90 , dont les premiers exemplaires ne seront opérationnels que fin 2011. Prolongé à plusieurs reprises, le Super Frelon ne pouvait pas être maintenu plus longtemps.
Ne disposant plus des effectifs suffisants pour assurer l'alerte opérationnelle et l'entrainement des équipages, la flottille 32F a reçu en renfort un EC-725 Caracal (version militaire de l'EC-225). Le premier appareil est arrivé en décembre 2008 à Lanvéoc. En attendant la livraison dans les prochains jours du second EC-225, le Caracal de l'armée de l'Air, présent à Lanvéoc, est le seul appareil à grande capacité et long rayon d'action prenant l'alerte de nuit. Ce moyen est, bien entendu, complété par le Dauphin SP (Service Public) de la flottille 35F basé à Lanvéoc et assurant l'essentiel des missions de sauvetage au large de la Bretagne.
Il convient de s'interroger sur l'avenir des deux hélicoptères EC225, une fois les NH90 en service. La Marine nationale voit d'un mauvais œil l'acquisition d'un micro-parc de machines, solution coûteuse en matière d'entretien et de personnels. Mais on peut aussi imaginer qu'une fois la transition entre le retrait des Super Frelon et l'entrée en service du NH90 achevée, les appareils soient versés aux Armées et, après modernisation, intégrés au parc des Caracal. D'un autre côté, le nombre réduit d'hélicoptères et les missions toujours plus nombreuses pourraient inciter la Marine à vouloir conserver les EC-225.
Depuis son lancement en 2004, l’EC-225 a raflé de nombreux contrats pour une utilisation en tant que transport de VIP et pour les missions de recherche et de sauvetage en haute mer (SAR). C’est le cas de la Chine qui a commandé cinq exemplaires pour différentes organisations, mais aussi le cas du Japon avec trois exemplaires et du Canada avec 22 exemplaires.



