Corvettes de la famille Gowind
Par Michel Therme le 11 juin 2010, 13:49 - La flotte - Lien permanent
Baptisée Hermes, la toute première corvette de la famille Gowind a été mise en chantier, début mai, sur le site DCNS de Lorient.

Lancée en 2006 puis revue et corrigée deux ans plus tard, la gamme Gowind a été développée à partir du retour d'expérience des utilisateurs sur l'évolution des menaces. Cette gamme de patrouilleurs hauturiers de type OPV (Ocean Patrol Vessel) et corvettes a été imaginée par l'industriel français pour répondre aux besoins en matière de navires de faible tonnage.
Malgré les avantages du concept et le vif intérêt qu'elle a suscité, notamment à l'international, aucun contrat n'a, toutefois été encore signé.
Pour inciter les clients à faire le pas, DCNS a décidé de construire un premier bâtiment sur fonds propres : l’Hermès. Ce premier de série, correspondra à l'entrée de gamme de la famille Gowind. Long de 87 mètres pour un déplacement de 1100 tonnes, il sera doté de deux moteurs diesels (plus de 8000 cv), de deux lignes d'arbres et pourra atteindre la vitesse de 21 nœuds (les plus petits modèles pourront, en outre, ne disposer que d'une seule ligne d'arbres). Son autonomie sera de 8000 milles à vitesse économique, soit environ trois semaines d'opérations. L'équipage réduit sera limité à 30 marins, le bateau pouvant accueillir, en plus, une trentaine de passagers (par exemple des personnels des forces spéciales). L’Hermès sera doté d'une plateforme pour un hélicoptère de classe 10 tonnes. Un abri intégré pour hélicoptère de classe 5 tonnes permettra de réaliser des opérations de maintenance légère et d'abriter l'hélicoptère, mais aussi un drone à voilure tournante.
Le premier OPV de la nouvelle gamme Gowind, qui restera la propriété de DCNS, sera mis à disposition de la Marine nationale durant trois ans (2012-2015). Les militaires français pourront, ainsi, le tester et bénéficier à des conditions avantageuses d'un navire moderne. Client historique du groupe, la flotte française peut se montrer intéressée, d'autant qu'elle prévoit de se doter au cours de cette décennie de nouveaux patrouilleurs océaniques. C'est le programme BATSIMAR (Bâtiment de surveillance et d'intervention maritime), sur lequel DCNS compte se positionner avec la Gowind.
La famille Gowind doit pouvoir répondre à des missions très diverses, allant de la surveillance maritime au combat naval, en passant par la lutte contre le narcotrafic, la piraterie ou encore la police des pêches. D'un déplacement de 1000 à 2500 tonnes, ces bateaux peuvent être plus ou moins armés et équipés. Les configurations les plus simples, destinées à la surveillance maritime, n'embarquent qu'un équipement léger, alors que les variantes les plus complexes sont conçues pour pouvoir mener des actions guerrières. Elles peuvent, ainsi, embarquer une tourelle de 76mm, quatre missiles antinavire sur la plage avant et un système surface-air, ainsi qu'une dotation électronique et un système de combat évolué.
La passerelle panoramique, qui donne une visibilité à 360 degrés, permet aux personnels de quart de se déplacer tout autour, à l'intérieur comme à l'extérieur. Deux rampes situées à l’arrière du bâtiment permettent la mise en œuvre en moins de cinq minutes de deux embarcations rapides de types RIB.

Les nouvelles Gowind se déclinent en trois versions principales, chacune pouvant être bien évidemment adaptée suivant les missions. D'une longueur de 85 à 105 mètres, ces bâtiments affichent des déplacements allant de 1000 à 2500 tonnes.
La Gowind Presence
Plus grosse que la Gowind Control, elle doit également assurer des missions de sauvegarde mais sa taille plus volumineuse lui permet de patrouiller plus longtemps. L'autonomie est importante, affichant 5000 nautiques à 12 nœuds (contre 3500 nautiques à 12 nœuds pour la Gowind Control). Cela équivaut à un déploiement d'environ deux semaines. Cette endurance serait, par exemple, très appréciable en matière de lutte contre la piraterie, pour laquelle les navires interviennent sur de vastes zones loin de leurs bases. La capacité d'intervention rapide est par ailleurs renforcée sur la Gowind Presence, avec un hangar pour un hélicoptère ou des drones.

La Gowind Action
Conçue sur la même coque, la Gowind Action dispose d'équipements plus importants. En matière d'autodéfense, l'armement peut être complété avec des missiles surface-air à lancement vertical (Mica VL, Crotale...). On notera par ailleurs qu'à l'instar de la Gowind Control, la possibilité d'embarquer le nouveau missile Exocet MM40 Block3, doté d'un GPS, confère à ces unités une capacité de frappe contre des cibles côtières.
Sur la Gowind Action, les moyens de détection sont également renforcés, avec un radar tridimensionnel, par exemple le MRR 3D de Thales (au lieu d'un radar 2D ou radar de navigation). Dans la version la plus armée, il est également possible d'ajouter des moyens de vision nocturne (infrarouge) et même des lance-leurres.

La Gowind Combat
La DCNS a conservé une version de la précédente famille Gowind, présentée en 2006. La Gowind Combat, d'environ 2000 tonnes, c'est le modèle qui doit être réalisé en deux exemplaires pour la Bulgarie. Elle dispose d'une plateforme et d'un hangar pour hélicoptère ou drones, de missiles antinavire, de missiles surface-air à lancement vertical et de torpilles légères.



