La recherche de bâtiments d'escortes adaptés, dans le cadre du renouvellement de la flotte française de surface à l'horizon 2015, a donné naissance au programme des frégates européennes multi-mission (FREMM). Destiné à remplacer l’essentiel des bâtiments d’escorte des flottes française et italienne, c'est le plus grand programme naval jamais réalisé en Europe.
La frégate La Fayette (1992), est la première frégate furtive au monde ayant ouvert la voie à ce design si particulier, où les anglo-saxon y voyaient "the french touch", et qui aujourd’hui est copié par tous. Elle a entraîné une modification profonde des formes des bâtiments de guerre, recherchant par ses lignes une furtivité poussée, aussi bien à la détection électromagnétique qu’à l’infra-rouge.
Lancé en 2002, le programme franco-italien FREMM prévoyait au total la construction de vingt sept bâtiments, dont dix sept pour la France. Mais, après la parution du "Livre Blanc Défense" en 2008, le nombre de FREMM a été réduit de dix sept à seulement onze unités, soit neuf en version anti-sous-marine (ASM) et deux à vocation antiaérienne (FREDA).
Longues de 142 mètres pour un déplacement de 6000 tonnes en charge, ces frégates auront une propulsion inédite, combinant la discrétion de la propulsion électrique et la puissance d'une turbine à gaz. Leur signature électromagnétique et infra-rouge sera réduite. Chaque frégate mettra en œuvre un hélicoptère NH90. Elles seront aussi fortement armées avec quatre tubes pour torpilles légères MU90 (19 munitions), 8 missiles antinavire Exocet MM40, 16 missiles surface-air Aster 15, une tourelle de 76 mm et quatre mitrailleuses. Mais le plus révolutionnaire sera l'adoption sur les FREMM en version ASM de 16 missiles de croisière navale (MDCN) SCALP, qui, avec une portée de 1000 kms, permettront depuis la mer d’exercer des frappes en profondeur d’une précision chirurgicale.  Cet outil de dissuasion modifiera profondément la stratégie maritime militaire française. La seule présence sur zone d’une FREMM constituera un signal politique et militaire fort.
L’Aquitaine devrait rejoindre la Marine en novembre 2012 ; suivront ensuite la frégate Normandie en 2014, puis les autres bâtiments au rythme d’une unité tous les dix mois, les FREDA devant être les dernières livrées en 2021 et 2022. N'embarquant pas de sonar remorqué, les FREDA (frégates de défense aérienne) disposeront d'un radar multifonctions Herakles plus puissant, et mettront en œuvre des missiles Aster 30.
Les frégates de lutte anti-sous-marine avec un sonar remorqué, remplaceront les Tourville et De Grasse (F67), ainsi que les Georges Leygues, Dupleix, Montcalm, Jean de Vienne, Primauguet, La Motte-Picquet et Latouche-Tréville (F70 ASM).
Les frégates à vocation antiaérienne, remplaceront les frégates Cassard et Jean Bart (F70 AA).

La DCNS est un acteur mondial de tout premier plan sur le marché des systèmes navals de défense. Sur son site de Lorient, le groupe accueille 1950 collaborateurs (dont 560 ingénieurs et cadres) et fait également travailler plus de 800 sous-traitants.
Le programme des frégates multi-missions (FREMM) est l'un des plus grands programmes industriels de ces prochaines années. Le plan de charge du site de Lorient sera ainsi consolidé pour les 10 ans à venir. Les 11 exemplaires des FREMM commandés par la France représentent 48 millions d'heures de travail, soit l'équivalent de 20 000 emplois en France sur 10 ans, notamment sur les bassins d'emplois de Bretagne et de Lorient.


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