La Marine nationale recouvre de silicone la carène d'une frégate
Par Michel Therme le 29 avril 2010, 13:57 - La flotte - Lien permanent
Pour la première fois, les œuvres vives (parties situées sous la ligne de flottaison) d'un bâtiment de la Marine nationale ont été enduites d'une peinture à base de silicone. Une première en matière de développement durable.

Début mars, la frégate militaire Aconit est entrée en Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparation (IPER). Après avoir affronté la mer pendant des mois, tout navire nécessite d'être bichonné avant de reprendre le large. Cet arrêt technique s'inscrit dans le cycle de la vie normal d’un bâtiment.
L'intérêt porte sur le passage en cale sèche de la coque mi-avril, les travaux menés sur celle-ci sont alors à la pointe de l'innovation. À la demande de la Marine nationale, un décapage par ultra-haute pression associé à une application de protecteur siliconé a été réalisée sur la carène de la frégate Aconit.
Utilisée depuis plusieurs années pour des navires civils, notamment certains paquebots construits à Saint-Nazaire, la peinture à base de silicone se substitue à la peinture antifouling traditionnelle. La peinture à la silicone est une peinture dont les caractéristiques mécaniques empêchent les salissures de s'accrocher à la coque avec la simple force du courant. Cette peinture permet une optimisation de la consommation de carburant car l'eau s'écoule mieux le long de la coque. Le nouveau revêtement doit également permettre de réduire le nombre de passages en bassin et la durée des cales sèches.
Ainsi, selon le groupe naval, seuls deux carénages par décennie seraient nécessaires contre trois actuellement. Autre intérêt, les arrêts techniques en bassin deviennent plus courts car la peinture à base de silicone ne nécessite qu'un simple lavage à haute pression.
Dans l'immédiat, la silicone fera son apparition sur une seconde frégate furtive, le Surcouf. La marine cherche à remplacer les peintures traditionnelles de ses carènes par des peintures plus respectueuses de l'environnement. « Dans cinq ans, les résultats du test seront connus ainsi que les avantages et les inconvénients réels de la peinture », explique la Marine nationale, qui envisage de généraliser l'usage de la peinture à la silicone à l'ensemble de ses bâtiments si le test est concluant.


